7 questions à Ismaël Tanko, fondateur de Tanko Timati

Posted: 14 octobre 2017 by Ennelle

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Bonjour Ismaël, ravie de te rencontrer. Je cherche l’homme ou la femme derrière Togo Timati depuis bientôt 8 mois. Comment va Togo Timati ?

Ismaël Tanko : Bonjour Ennelle. Vous avez l’homme maintenant. Togo Timati va bien.

Êtes-vous agronome ? Comment être-vous intéressé à ce business ?

IT : Non pas du tout. Je ne suis pas agronome. Je suis gestionnaire de formation. Je me suis intéressé à ce business par empathie. J’ai assisté à la détresse d’agriculteurs qui ont perdu leurs récoltes. Ma question a été tout de suite : comment faire pour que ce genre de choses n’arrivent pas, n’arrivent plus ? Il doit être possible de conserver la tomate. Ennelle, est-ce qu’on peut se tutoyer ?

Oui bien entendu Ismaël.Quel est ton rapport à l’entrepreneuriat ? Une évidence ? Un concours de circonstance ?

IT : Pour faire court, j’ai commencé ma vie d’entrepreneur en 1999 par des activités génératrices de revenus. J’ai commencé en vendant des papiers mouchoirs en classe de seconde.  J’ai également vendu des jus de fruits. Au lycée, j’ai continué avec la photographie.J’ai fini mon cycle universitaire en 2006 et j’ai débuté ma carrière au sein de l’association l’AIESSEC. J’y ai appris beaucoup de choses pratiques que l’université de nous apprend pas. En 2008, j’ai créée ma première entreprise formelle. Un centre informatique dont j’ai confié la gestion à une compatriote. Parallèlement, j’ai commencé ma carrière professionnelle au sein de l’Association des Grandes Entreprises du Togo en tant que Directeur Exécutif Adjoint. J’ai racheté en 2012 un second centre informatique avec un cybercafé. J’ai quitté l’AGEC au bout de 3 ans pour rejoindre la British School of Lomé en tant que Directeur du département des sports et loisirs.J’ai parallèlement fermé les centres informatiques et j’ai créé un cabinet de conseil que j’ai fermé rapidement par manque de disponibilités.

En 2014, j’ai créé Timagro qui avait pour but principal de faire de la purée de tomates. A nos débuts, nous manquions de financement. Nous avons donc décidé de produire en premier lieu de la farine de maïs. Nous avons également lancé une activité de crédit alimentaire qui non seulement n’a pas marché mais nous a fait perdre beaucoup d’argent. Nous nous sommes donc recentrés sur la production de purée de tomates.

Finalement en 2016, nous avons pu lancer les premières bouteilles de purée de tomates sur le marché. Togo Timati, c’est aujourd’hui 6 employés à plein temps, 1 à temps partiel et environ 20-60 temporaires en fonction de la période de production. Je suis le fondateur et l’associé principal.

Qu’est-ce qui te motive ? L’envie de changer les choses ?

IT : La question n’est pas simple. Depuis la seconde, je rêvais d’être le fondateur de plusieurs entreprises. Je poursuis ce rêve. Il y a derrière ce rêve l’envie de gagner de l’argent, mais pas n’importe comment : gagner de l’argent en contribuant au bien-être de ma communauté. Avec Togo Timati par exemple, lorsque nous allons acheter les tomates, nous saisissons l’occasion pour offrir aux enfants du village des fournitures scolaires.

Quand tu fermes une entreprise ou que tu perds de l’argent comment rebondis-tu ?

IT : Le cas dans lequel j’ai perdu de l’argent ou j’ai fermé une boite parce que j’ai perdu de l’argent, c’est le cas de Timagro. Je rebondis grâce au capital confiance que j’ai au sein de la société civile. Ensuite, je fais le maximum pour payer mes dettes. Je suis salarié, j’ai donc fait un emprunt pour faire face à ses dettes. J’ai la ferme conviction que ce que je fais va marcher un beau matin. Et quand cela va marcher, je vais rentrer dans mes fonds très rapidement.

L’importance du réseau, la confiance et la confiance en soi donc. Dis-moi Ismaël, quel âge as-tu ?

IT : 32 ans.

Waouh. Tu es tombé dans l’entrepreneuriat donc… Quels sont les perspectives pour Togo Timati, bientôt « Tanko Timati » ?

IT : Les perspectives sont bonnes. Nous avons commencé à envoyer de petites quantités sur les marchés de la sous région  : le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger et Mali. Nous entendons bientôt nous positionner sur le Ghana et le Nigeria. Pour distribuer au Togo, il suffit pour les petites boutiques et les supérettes de faire des petites commandes. Pour les distributeurs de la sous-région, il leur faut nous garantir une quantité minimum mensuelle pour avoir une exclusivité de la zone géographique.

Qui t’a le plus soutenu dans ta famille ?

Ma mère, elle m’a beaucoup encouragé. Mon père est haoussa et ma mère d’Aného.

La diversité au Togo est si peu valorisée. A très bientôt. Je te souhaite un succès formidable et je te dis ma fierté de découvrir l’entrepreneur et talent togolais que tu es. Puisses-tu en inspirer plus d’un.

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