7 Questions à Cécilia Wilson

Posted: 28 septembre 2017 by Ennelle

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…auteure de « Afriques Politico-Spirituelles« 

Cécilia, tu viens de sortir ton premier ouvrage auto-financé. D’où te vient cette âme d’écrivain ?

A vrai dire, j’ai toujours écrit. Déjà à l’âge de 13 ans, j’écrivais constamment de la poésie et à 15 ans j’ai tenté d’écrire une saga historique sur l’esclavage. J’ai même tenté d’écrire mes mémoires alors que je n’avais aucune réelle expérience pour écrire une autobiographie (rires!). Du coup, je collectionnais les écrits dans mon ordinateur.

La thématique de ton livre n’est pas banale. Nous avons eu il y a peu l’album très engagé de Beyoncé et le panafricanisme a le vent en poupe…

C’est vrai. Le déclic m’est venu quand j’ai rencontré Gnaka LAGOKE, Professeur en African Studies à la Lincoln University (Oakland-Californie). C’est lui qui m’a principalement suivie à Sciences Po. Il travaillait sur une thèse qui portait aussi sur le panafricanisme dans sa dimension spirituelle. Il m’a beaucoup encouragé à écrire sur les questions noires qui ont toujours été mon cheval de bataille, il m’a proposé à maintes reprises de venir aux Etats-Unis. Selon lui, j’y aurais plus de reconnaissance et d’opportunités.

Il y a une histoire africaine plus profonde que celle véhiculée par les kemites ! tweet

Tu as donc étudié à Sciences Po à Paris ?

J’ai commencé par étudier les affaires internationales (business development et stratégie de croissance des multinationales vers l’Afrique et l’Asie) à la Kedge Business School. En 2014, j’ai été admise à Sciences Po pour un master en Relations Internationales, j’ai donc quitté la Kedge Business School. L’école de commerce est un rêve pour beaucoup d’étudiants mais je m’y ennuyais. Je n’aimais pas la comptabilité, la finance encore moins. J’avais beau y mettre toute mon énergie, je n’y arrivais pas.

Je rêvais sans cesse de Paris. Quand j’ai reçu mon admission à Sciences Po, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai lâché mon master déjà bien entamé pour embrasser mon rêve.

Parle-nous de tes années SP !

J’y ai passé mes années les plus belles. J’ai étudié de long en large les questions politiques, et j’ai eu le temps de faire mes armes auprès de l’écrivain et ambassadeur congolais Henri Lopes. À l’époque, le ciel m’a fait grâce de rencontrer également des personnalités et des personnes installées dans le monde anglophone et ayant une vision complètement différente de l’Afrique et du monde. A sciences Po, je me suis très rapidement engagée dans l’ASPA (Association des Etudiants de Sciences Po Pour l’Afrique). Association au sein de laquelle, j’ai été responsable des conférences. J’aimais ce poste parce qu’on recevait des personnalités avec des parcours divers et enrichissants (littérature, politique, art).

C’est aussi à Sciences Po que j’ai réalisé que certains professeurs et élèves connaissaient finalement très peu les questions noires. J’ai alors commencé à creuser le sujet. tweet

Quel a été le rôle de ton mentor dans la publication de cet ouvrage ?

Il est à vrai dire, au-delà d’un excellent conseiller, une sorte d’oncle sans lien de sang. Il connaît sur le bout des doigts les problématiques noires et africaines. Il a su me corriger, me re-lire, m’envoyer de la documentation en anglais. Gnaka Lagoke est diplômée d’Howard, la célèbre université noire où Kwame Nkrumah y a fait ses études supérieures.

Pour être sincère, j’ai failli ne pas publier cet ouvrage. Je suis perfectionniste et du coup je me demandais s’il avait vraiment de la valeur. Le Professeur Gnaka m’avait dit de le publier depuis un moment déjà. Il a beaucoup insisté, alors un soir j’ai suivi sa recommandation. Je me suis dit : lance une version électronique et advienne que pourra !

Le livre a reçu un bon accueil et tu as reçu beaucoup d’encouragements. T’y attendais tu ?

A vrai dire non. Je voulais partager ces écrits qui m’avaient demandé des mois de travail d’une manière simple et toucher le maximum de personnes. Si je m’étais fait éditer en premier, il aurait fallu que je gère les questions logistiques et d’éditeur, ce qui aurait allongé mon TimeToMarket. Je me suis dit : « il y a trop d’informations valables récoltées pour que ce livre soit enterré ». Je voulais qu’il soit le plus tôt possible dans les mains de lecteurs qui pourraient me faire un feedback en temps réel. J’ai utilisé Gumroad car c’est simple et accessible tant pour moi en tant qu’auteur que pour les lecteurs. C’est une boutique numérique : on peut y vendre des produits numériques comme des livres, audios et vidéos.

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Où te vois-tu dans 5 ans ? dans 10 ans ?

Dans 5 ans, j’aimerais bien travailler comme conseillère en relations internationales auprès d’un gouvernement africain, apporter mon expertise sur les questions politiques et en termes de communication digitale. Dans 10 années, je me vois hors de France et finançant des générations de starters africains en manque cruel de fonds.

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